CYCLOBARANG AU CAMBODGE | |
CHANGEMENT DE PAYS MAIS PAS DE DECOR
11:52, 26/09/2007
.. 0 commentaires
.. Lien
Les kilomètres me semblent interminables sur cette portion, mon moral commence à baisser, heureusement, je suis soutenu par ma famille et magie de la technique, je suis joint par deux fois sur mon téléphone cellulaire. Ma fille aînée trouve les mots qui conviennent, elle me donne la force de puiser au plus profond de moi-même la volonté de continuer et la rage de vaincre. Je suis inquiet, elle m'apprend que notre cuisinière vietnamienne «Mariette » s'est fait interpeller à la frontière, ses papiers n'étaient pas en règle.Beaucoup de vietnamiens vivent au Cambodge sans papiers, cela ne pose pas de problème en général, tout se monnaie. Elle restera néanmoins pendant quelques heures à expliquer sa situation. Deux grosses enceintes crépitent et crachent leurs décibels sur la place principale de Svay Rieng. A part cette musique criarde qui provient du seul karaoké ouvert à cette heure tardive de la nuit, j'ai l'impression de traverser une ville fantôme, peu d'éclairage, l'absence de circulation, les ordures qui s'amoncèlent, ce panorama apporte encore plus de tristesse à cette ville. Je roule un peu autour de cette place pour les besoins de l'équipe de télévision, petit interview et me voilà reparti sur cette route qui ressemble plus à une route de campagne qu'à une nationale. J'avais l'impression d'être seul au monde, enfin la vie recommence après la solitude que j'ai vécu pendant des kilomètres. Face à moi-même, à mes doutes, à mes faiblesses mais aussi à l'envie de réussir, ma conviction et ma foi, j'avance vers la frontière, malgré une route complètement défoncée. La nuit est magnifiquement étoilée, bientôt minuit, j'ai laissé derrière moi Svay Rieng et j'approche de Chiphou, une pause est nécessaire, je commence à avoir une grosse fringale.
L'équipe de journalistes qui me suit, veut également se restaurer. Nous trouvons une gargote encore ouverte. Une assiettée de . XII-CHANGEMENT DE PAYS MAIS PAS DE DECOR Cet instant m'a permis de récupérer du passage pénible de Svay Rieng et je repars dans de meilleures conditions vers Moc Baï, j'ai une envie irrésistible de passer la frontière et de découvrir le Vietnam, mes efforts sont récompensés, j'aperçois la porte de Mac Baï: quelques cahutes en dur font office de service de l'immigration et poste frontière, il n'y a pas âme qui vive. L'incroyable arrive, la frontière est fermée, après dix heures de route, je suis obligé de me rendre à l'évidence, passer la frontière cette nuit est une chose impossible. Je regarde désabusé les policiers qui dorment dans leurs hamacs accrochés aux barrières. Au pire, quatre à cinq heures d'attente, les moustiques, l'excitation m'empêchent de dormir, je m'assieds dans moncyclo, je lis le ciel, je lis ma course, je pense à l'arrivée, à ma famille, au retour, au défi, méditation sur ma vie. La douleur de mon genou droit a disparu, le repos a été plutôt salutaire, l'attente m'a permis en fait de recharger les batteries. Le soleil se lève, il est six heures du matin mais depuis deux heures déjà, les motos passent la frontière dans les deux sens. Les premiers fonctionnaires de l'immigration et des douanes arrivent mais les bureaux me dit-on n'ouvriront que vers 07H45.
Les fonctionnaires cambodgiens ne me posent aucun problème, je passe la frontière du Cambodge rapidement en cyclo, un « no man's land» de cinquante mètres environ sépare les deux portes. Je descends de mon cyclo et le passage côté vietnamien se fait à pied près de mon engin. Je suis accueilli par les gardes frontières vietnamiens avec une certaine froideur. La route est bitumée mais relativement étroite, même côté vietnamien, elle a plus l'allure d'une départementale que d'une route nationale, quelques motos taxis attendent les clients, les véhicules ne sont pas autorisés à franchir le poste frontière. Pas de surprise côté paysage, des rizières à perte de vue, les gens sont coiffés du chapeau conique typique du Vietnam. XIII-HOMMAGE A JEAN DUONG Je m'élance sur la route prenant garde aux nombreux camions qui y circulent, la route est en travaux aussi bien côté cambodgien que côté vietnamien. J'arrive à quelques kilomètres de Cu Chi. Hélène et Catherine m'ont rejoint à moto, quelle aubaine. J'ai pu être ravitaillé en eau, il était temps, j'étais à sec. Elles partent à la rencontre du Club des Cyclistes de l'Amicale Franco-Vietnamienne. Je les vois revenir quelques minutes après, la mine défaite et remplie de tristesse. Elles m'annoncent que Jean Duong, le Président organisateur du Club, vient d'être renversé par un camion sur la route, à l'entrée de Cu Chi.
Tous les cyclistes attendent mon arrivée sur les lieux du drame. Je réalise combien cette route est dangereuse et je culpabilise d'avoir entraîné cet homme vers ce destin. La foule est nombreuse autour de la dépouille de ce pauvre homme restée sur la route à l'endroit exact du choc av Je me demande après cet accident si je dois ou non continuer ce défi, un homme est mort simplement pour m'aider à réaliser cette folie. Je me ressaisis et me dis qu'en fin de compte, ce serait plus qu'insultant que j'arrête maintenant. Si ces vétérans sont venus m'accueillir, c'est parce qu'ils croyaient en ma réussite? Je remonte aussitôt sur mon cyclo pousse, la rage au ventre, et je repars avec la ferme intention d'aller jusqu'à Ho Chi Minh ville quoiqu'il arrive. Je suis escorté par les vétérans du club de vélos, nous passons plusieurs ponts, le plus difficile est celui de Tan Binh. La côte est raide, je ressens les 200 kms que j'ai dans les jambes, il me tarde d'être dans la descente. Je m'accroche à la barre de direction, j'essaie de ne plus penser à mes douleurs et à la fatigue qui s'installe, il fait très chaud. Arrivé au sommet, une brise accueillante me rafraîchit, je regarde les bateaux ancrés dans les canaux, je suis toujours, bien qu'arrivé au Vietnam, dans ce pays d'eau qui caractérise la région du bas Mékong. XIV-HO CHI MINH VILLE ex SAÏGON, REINE DU SUD Je commence à réaliser que je touche bientôt au but. Sur mon passage, les gens m'interpellent, étonnés de ma venue. Saïgon, reine du sud, au confluent d'innombrables influences étrangères, c'est un peu comme Marseille, on y chante, on y vibre, on y vient, on y va pour faire des affaires et des échanges qui font la richesse du pays. Elle brille, elle suit la mode, a la tête dans les étoiles. Métropole de presque quelques huit millions d'âmes, c'est une ville impressionnante. Je roule mais j'ai l'impression de ne jamais entrer dans la ville, la banlieue semble ne jamais finir. Plus j'avance dans la ville, plus elle bouge, je commence à vibrer, des frissons m'envahissent, l'émotion me gagne. Je sais maintenant que rien ne peut plus m'arrêter.Je demande à un des cyclistes qui parle parfaitement français si le centre historique est encore loin, j'ai envie de plonger dans le cœur de cette ville, il paraît que nous y serons très bientôt.J'ai hâte d'arriver au Consulat Général de France, Rue Nguyen Thi Minh Khaï, la ville est plutôt moderne, de grandes places, de beaux trottoirs, des magasins plein d'enseignes, des restaurants, des bars. Saïgon fourmille, commerçante, affairée.
La ville m'impressionne, héritage colonial: Immenses demeures à balcons, allées de palmiers, majestueux bâtiments publics, squares, parcs paysagers, entourés de larges avenues donnent à la ville, malgré un flux de circulation important une image aérée qui peut donner place à la flânerie sinon à la poésie. Malgré cette impressionnante circulation bien régulée, je ne rencontre a Heureusement, une journée sur place avant de rentrer sur Phnom Penh me permet de découvrir un peu le Vietnam. Nous allons en taxi du côté du Sinh Café où nous prenons nos billets de bus pour le retour au Cambodge avec la Cie Capital. Autour du Sinh, nous sommes un peu dans le quartier européen, il ya des bars, beaucoup de boutiques de souvenirs, d'artisans, de galeries de peinture. Nous déambulons dans les ruelles à la découverte de ces richesses. Les trottoirs sont propres, les caniveaux fonctionnent. Rien à voir avec le Cambodge. J'achète à un vendeur de rue le journal Thé Tao dont un article relate mon exploit et je regarde un cyclo vietnamien à la recherche d'un client, je ne peux m'empêcher de penser à cette journée de folie que j'ai vécu t à l'effort que j'ai donné pour réaliser ce défi. Je m'en rends vraiment compte sur le chemin du retour, nous avons pris le bus Capital pour rentrer sur Phnom Penh, nous sommes ballottés pendant près de huit heures, j'ai des courbatures, je ne sais plus comment m'asseoir sur mon siège. Je crois que si c'était à refaire nous reviendrons en avion. Néanmoins, ce transport me permettra de réaliser vraiment ce que j'ai enduré et les embûches auxquelles j'ai échappé. La route est vraiment dans un état incroyable, ma famille me demande si je réalise ce que j'ai fait. Je ne pensais pas qu'elle était aussi défoncée, le paysage de jour ne ressemble pas à l'image que l'on se fait de nuit, la visibilité est différente, on n'apprécie pas le danger de la même manière. Je suis heureux d'avoir atteint mon objectif, Saïgon restera à jamais gravée dans ma mémoire Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 2 sur 14 } { Page suivante } |
Qui suis-je ?Qui suis-je ? Archives Amis Album photos LiensRubriquesDerniers articlesENVOÛTANTE ANGKOR, GLOIRE ET GENIE DES KHMERSCHANGEMENT DE PAYS MAIS PAS DE DECOR JOUR"J" DERNIERS PREPARATIFS ET EN SELLE POUR SAÏGON L'AUTHENTICITE DU CÔTE CAMPAGNE Amis |